Pour Laure Gilquin

11/09/2018

Photo Laure Gilquin

 

Laure chavire

 

Les catastrophes

petites ou grandes

ont leur salle d’attente post-traumatique

 

La photographie devient

une mise en nuit

un oubli des certitudes

un retour au pré-formel

 

La digestion que réalisait l’œil

en un périmètre ordonné

n’a plus lieu

 

Le mouvement s’inverse

comme si la photographie même dégorgeait

 

Dans une bassine d’encre

aucun blanc n’en réchappe

 

Le réel entame une remontée

depuis les viscères

Il ne connait presque rien de l’air

il vit tout entier en apnée

et s’expulse aussi radical que jeune

 

Alors des images au milieu de la trachée,

Laure chavire.

 

photo Laure Gilquin