Pour Laure Gilquin

26/04/2018

Dans la bassine d’encre de Laure Gilquin

Les catastrophes
petites ou grandes
ont leur salle d’attente post-traumatique,
la photographie.

Communément elle
s’apparente
à une digestion de l’oeil
en un périmètre ordonné.

Si le périmètre reste ordonné,
dans les tirages de Laure Gilquin,
le mouvement est inverse,
comme si la photographie même dégorgeait
aucun blanc n’en réchappe.

Alors des images au milieu de la trachée,
le regardeur chavire.
Le réel ne se déglutit pas
en formes absorbées,
il entame une remontée
depuis les viscères.

Le réel ne connait presque rien de l’air,
il vit tout entier en apnée.
Il s’exprime en grains.
Il s’expulse aussi radical que jeune
aux traits pas si nets d’un nouveau-né.