Petit monde
04/04/2019
De l’éclaboussure des regards les uns sur les autres, naît un petit monde aux enceintes resserrées. Une voie ferrée traverse ce pays, compresse les alentours des rails en un muscle confit, boursouflé. D’une gare à l’autre, les changements de direction se font en sursauts, sans que l’on puisse décélérer. Un train, un ver ronge cette terre ainsi fendue.
Ça pince, ça gratte et ne veut pas sortir. Tout reste figé et en célébration. Un oiseau piaille son amour au ciel, il ne sait pas mettre son cœur en arrêt. Un poisson suffoque soudain, il a pris une bouffée d’air sous l’eau. Et de l’air, chaque heure il croit pouvoir se passer. Quelques kilomètres après le ciel, voici un jardin.
Une pulsation étouffée cabriole sans cesse sur elle-même. Est-ce une plaie, un liquide ou une camisole? L’acide et le jasmin s’épousent. Ils soulèvent et entaillent en un même geste. Des morts et des résurrections chaque jour. Les vagues de la respiration se creusent, en abysses, en cimes.
Ce petit monde niche en bibliothèque sous les feuillages, il se conte aussi sous le revers de la peau, quelque part à l’intérieur des corps.